la fin d’un monde

Mai 12, 2021 | Petites histoires

Le vieil homme regardait ce qui avait été son champ. Il était sur le bord du chemin, appuyé des deux mains sur un bâton, contemplant le désastre avec un sentiment de perplexité.

Les journalistes étaient venus, et les curieux aussi. Il y avait eu tout un tapage des jours durant, chacun y allant de sa suggestion. Il y avait aussi eu (il en revenait encore de temps en temps un) des farfelus qui se promenaient en tenant un pendule ou autre bibelot, avec des mines de conspirateurs, élaborant sans doute des théories fumeuses qu’ils feignaient de croire.

Mais lui, le vieux, ne croyait pas à tout ce qui s’était dit sur ce champ, il voyait seulement que la récolte serait encore fichue cette année. L’année dernière il y avait eu la grêle qui avait endommagé une bonne partie des céréales et voilà que cet été, pour une fois que le ciel se tenait tranquille, il y avait « ça ».

Silencieux, il prit le chemin de la maison ; il était encore très tôt ; le fils faucherait aujourd’hui ce qui restait. Il avait voulu voir encore une fois et tenter de comprendre, mais son esprit tournait en rond et il ne parvenait pas à être satisfait d’une idée ; elles étaient toutes improbables et ce mystère semblait vouloir défier sa raison.

Cela avait commencé une semaine plus tôt. A l’issue d’une partie de cartes avec des amis, il était rentré chez lui à pied, en passant près de son champ de blé.  La nuit était douce et la lune, presque pleine, éclairait son chemin. Il avait admiré l’ondoiement des épis sous la brise légère, dans le silence de la nuit. Il s’était couché serein et confiant. Rien ne le préparait aux cris qui l’avaient réveillé brusquement vers 7heures. Il avait reconnu la voix du fils et s’était habillé à la hâte pour aller voir de quoi il retournait.

Le fils, très agité, interrogeait dans la cour les aides de campagnes, qui paraissaient ahuris :

  • «  mais quelqu’un a bien vu ou entendu quelque chose ? »
  • « non Monsieur.

Visiblement insatisfait de cette réponse, il tournait en rond, très en colère.

Un peu plus tard, quand il se fut calmé, le vieux l’avait interrogé et appris qu’il avait trouvé le matin même, un cercle pilé dans le champ de blé ; il cherchait les coupables, évaluant les dégâts et pestant contre les vandales.

Le vieux avait enfilé son gilet et était sorti pour aller voir. Il avait marché un peu le long du champ et, vers le milieu, découvert ce dont le fils avait parlé : Un grand cercle pilé ! Il aurait fallu cinquante hommes côte à côte pour en faire le tour, avait-il estimé. Et il y avait des formes dans ce cercle, géométriques lui semblait-il. Se plaçant à l’intérieur, il avait constaté que le pillage s’était fait « proprement » ; tous les épis étaient aplatis du même côté et ceux qui étaient restés debout constituaient les centres ou les reliefs de formes régulières qui remplissaient le cercle.

Tout secoué par ce qui était arrivé à « son » champ, le vieux avait admis à contrecœur qu’il avait fallu de la précision et, ma foi, un certain talent pour réaliser un saccage comme celui-là. Il avait pensé aux gamins du village, mais n’en croyait pas un seul capable de tant de soins, de régularité, de précision.

Pourtant, comment croire que des hommes, des travailleurs, puissent s’amuser à ce genre de fantaisie, destructrice du labeur des autres.

Qui alors ? Des femmes ? Non, celles d’ici respectent le travail de la terre, dont elles vivent, pour la plupart.

Peut-être les gens du quartier villas ? On ne savait jamais, avec ces citadins, ils étaient parfois tellement bizarres !

Mais au fond de lui, le vieux n’y croyait pas. Il n’oubliait pas, surtout, être passé près de ce même champ le soir précédent sans avoir rien vu d’anormal. Qui aurait pu agir avec tant de rapidité, et sans le moindre bruit de surcroît ?

Une semaine après, il avait vu les photos prises par hélico, entendu toutes les théories et surtout lu les relevés « scientifiques » affirmant que pour réaliser « cette œuvre » il serait nécessaire que trois ou quatre hommes travaillent sans relâche durant au minimum 24 heures pour y parvenir. Pour autant que ces hommes aient le matériel capable de mesurer au centimètre près sur un terrain même pas plane !

Tous ces détails embrouillaient le vieux, qui était revenu une dernière fois sur place pour tenter de comprendre, apercevoir peut-être un détail qui expliquerait tout, démontrerait enfin que tout ceci n’était qu’une farce ! Mais il avait eu beau scruter le champ de tous ses forces, le cercle ne lui avait pas parlé davantage qu’une semaine auparavant.

*****

Le phénomène se reproduisit ; un mois plus tard et à quelques kilomètres de là.

Quand il l’apprit, le vieux n’y put tenir et se rendit sur place « pour voir ». Ce cercle-là était encore plus grand que « le sien » et les dessins, tout aussi spectaculaires, différaient. Il se sentait un peu honteux d’être parmi les curieux et, cherchant à se démarquer, se renseigna sur le propriétaire de ce champ-là et lui rendit visite.

Le propriétaire était une femme, veuve, d’une quarantaine d’années qui avait continué à exploiter le domaine après la mort de son mari et employait des saisonniers pour l’aider.

Elle reçut le vieux dans la cuisine et lui offrit un verre de vin, puis lui précisa que le cercle avait été découvert dimanche soir dernier. Il avait dû été « dessiné » durant les dernières heures de l’après-midi car entre 15h00 et 16h00, elle était passée près du champ et n’avait rien vu d’anormal.

Elle ne semblait pourtant pas tellement troublée ; presque excitée même. Le vieux se dit qu’elle avait des étoiles dans les yeux, comme un enfant qui découvre ses cadeaux sous le sapin de Noël.

Elle voulut connaître à son tour comment était « l’autre » cercle et regarda les photos avidement, quand il les lui présenta.

-«  ce sont des messages », dit-elle finalement, après avoir longtemps observé les clichés.

Le vieux la regarda, étonné. Il haussa les sourcils :

-« des messages ? »

Elle avait le regard rêveur :

-« oui, on nous prévient, c’est un langage symbolique ».

Il ne savait pas de quoi elle parlait… langage symbolique ?.. Il ne voulait pas entrer dans son jeu, mais quelque chose le poussa à demander :

-« on nous prévient ? Qui nous prévient ? Et de quoi ? »

Elle le regarda gravement :

« Qui ? Je ne sais pas. Mais de quoi ?… sans doute de la fin du Monde »

Le vieux sentit son cœur battre sourdement dans sa poitrine, qu’est-ce qu’elle racontait ? Une femme de la terre ! Elle aurait dû avoir davantage de bon sens. Elle devait délirer, sûrement qu’elle était restée trop longtemps au soleil.

Il la remercia pour son accueil et se retira, assez précipitamment. Il voulait rentrer chez lui et ne plus repenser à tout ça.

Cependant cette nuit-là il fit un rêve : il se vit sur une montagne. La vue était magnifique ; la terre entière était à ses pieds. Il voyait la mer et son moutonnement azuré, les fleuves s’y jeter, il se sentait euphorique ! Mais soudain des gens apparurent au pied de la montagne. Il y avait tout un groupe de personnes qui marchaient.  Parmi eux il reconnut son fils, puis sa belle-fille et aussi son petit-fils qui courait ! Il y avait toute sa famille ! Il voyait le groupe avancer inexorablement, aveugle, vers un précipice immense ! Lui pouvait le voir depuis sa montagne, mais pas eux ! Eux ne voyaient rien, ils avançaient, encore et toujours plus près de l’abîme et il criait pour les avertir… mais personne ne l’entendait !

Il se réveilla en sueur, tout haletant, effrayé par ce songe encore bien présent dans sa tête. Cette femme ! se dit-il, avec ses idées de fin du monde, elle m’a pollué le cerveau !

Il se leva, enfila ses mules et alla chauffer de l’eau pour son thé. Devant son bol fumant, il se mit à réfléchir…

« Le monde d’aujourd’hui… quelle folie ! Est-ce qu’il n’y court pas tout seul, vers sa fin ? quand j’étais petit, les choses étaient bien différentes. Les gens se disaient bonjour, se parlaient. Personne ne marchait en regardant ses chaussures ou en parlant à son téléphone portable. Les enfants se montraient respectueux avec les adultes. » Il eut un sourire en coin, en repensant à la manière dont son petit-fils s’adressait parfois à son père. Jamais il n’aurait osé parler ainsi au sien ! Et l’eut-il fait une seule fois que le ciel lui serait tombé sur la tête ! « Les corrections, c’était quelque chose ! Mais on marchait droit au moins. Maintenant les jeunes vont toujours plus loin pour chercher des limites que les adultes ne leur donnent plus. Ils défient les professeurs, parfois même la police ! »

Il aspira bruyamment une gorgée de thé et reposa son bol, le regard fixe. Il pensa à l’ouvrage du lendemain et réfléchit à l’évolution du travail à la campagne : « On n’avait pas tous ces tracteurs qui tournent bruyamment et polluent l’air, on travaillait avec les chevaux. Quels liens on avait avec ces beaux animaux là ! On dépendait les uns des autres et on le savait. Les bêtes étaient proches de nous, la terre aussi. On savait l’écouter, la respecter. On en vivait et on comprenait les messages de la nature. Le labeur était quotidien et on rigolait tout en travaillant. On mettait tous la main à la pâte pour les récoltes, même les enfants ! Les loisirs étaient modestes, mais on appréciait une fête de village comme quelque chose de rare, tout le monde la préparait et personne n’aurait manqué l’évènement pour rien au monde ! Après, on en reparlait des semaines, voire des mois, durant les longues soirées d’hiver passées à casser les noix ou jouer aux cartes avec les voisins. »

« Maintenant, bien des jeunes aspirent davantage aux loisirs qu’à trouver un travail qui rapporte ! quant aux autres, leur maître mot est rentabilité et c’est chacun pour soi dans la course au dollar ! Les soirées devant la TV, les jeunes sur les ordinateurs, personne ne regarde plus vivre la nature depuis longtemps ! Il faut que tout aille vite ! »

Son regard tomba sur une carte postale d’Australie épinglée sur le buffet : « Maintenant on prend l’avion comme le métro, mais à l’époque on se déplaçait à pied, on enviait les autos. On n’avait pas de sous pour prendre le train et l’avion c’était carrément du rêve ! »

Il acheva son thé et soupira. La nuit était encore longue, comment dormirait-il avec de telles pensées ? A quoi bon être nostalgique ? Le monde a changé voilà tout ! Et s’il ne l’aimait pas, il n’avait pas trop de soucis à se faire, il n’en n’avait sans doute plus pour bien longtemps de toutes façons.

*****

Le même soir, le fils s’assit lourdement sur le banc derrière sa maison. Les travaux d’été arrivaient à leur fin, ces dernières semaines avaient été un véritable tourbillon et il n’avait pas pu prendre le temps de réfléchir. Maintenant, il pensait au vieux et se disait qu’il ne semblait pas très en forme. Il l’avait surpris plus d’une fois à marmonner tout seul, il ne faudrait pas qu’il perde la boule !

On en avait déjà vu au village, de ces vieux qui ne retrouvaient plus leur maison et qu’il fallait mettre dans un home où ils finissaient leur vie assis dans un fauteuil à discuter avec le mur d’en face ! D’y penser lui faisait froid dans le dos.

Il se demanda si ces monologues, tout récents, ne venaient pas de ces histoires de cercles dans les blés. C’était sommes toutes une curieuse affaire dont il n’avait pas été le seul à faire les frais : Une collègue paysanne avait subi la même chose dans son champ ; elle en parlait d’ailleurs bizarrement. Tout comme sa propre femme, dont il avait découvert qu’elle s’intéressait de près au phénomène ! Après avoir ramené des bouquins sur le sujet, elle les avait carrément dévorés ! Son épouse se passionnait pour tout ce qui était étrange… « c’est un truc de bonnes femmes et de vieux ! » se dit-il, je n’ai pas le temps de m’amuser à ça.

Mais il continua quand même à réfléchir : Le gamin aussi est bizarre, il n’a pas desserré les dents de tout le souper et faisait une drôle de tête ! Il faudra que je lui parle demain.

Là-dessus, il alla se coucher et s’endormit rapidement d’un sommeil lourd.

*****

La femme regardait son fils dormir. Elle referma la porte tout doucement, descendit l’escalier et s’installa dans son fauteuil. Sa pile de livres était posée juste à côté d’elle, elle les avait tous lus ! Elle avait pris tout ce qu’elle avait trouvé sur les cercles dans les blés et ses lectures l’avaient amenée à consulter Internet, où elle était tombée sur un site étrange ; il y était question d’extra-terrestres tentant de prévenir l’humanité de la toute proche fin du Monde.

L’année 2012 était annoncée comme fatidique. Elle avait découvert, effarée, que les prédictions des Mayas, des Egyptiens, des Indiens Hopis et même des Chinois ! se recoupaient. Tous convenaient que l’année 2012 serait, du point de vue cosmique, la fin d’une ère. Il y aurait de profonds bouleversements. Nul n’émettait de supposition précise mais on parlait de chaos, de glissements des pôles, de catastrophes climatiques pouvant faire des millions de victimes !

On était en 2011 ! Elle avait regardé son garçon, en espérant que tout ceci ne soit qu’un gigantesque canular, à l’instar des précédentes fins du monde annoncées. Elle-même se serait satisfaite de sa vie, qui avait été belle ; mais elle ne pouvait imaginer la mort de son enfant, la perte de ses espoirs, de son avenir.

Pourtant le monde courait à sa perte, chacun le disait plus ou moins. Le bon sens se perdait dans tous les domaines, les extrêmes se côtoyaient régulièrement. Elle avait vu « Home » de Yann Arthus Bertrand et ne croyait pas que l’humanité aurait le courage, la force, la volonté nécessaire pour révolutionner les mauvaises habitudes qui perdaient le monde, et apprendre à vivre dans le respect de la nature. Elle avait tenté d’en parler à son homme mais il l’avait regardée comme si elle délirait : Les pesticides étaient nécessaires et tout le monde en mettait !  Il n’avait pas l’intention de se lancer dans le « bio » !

Elle tentait à sa mesure, tout ce qu’elle pouvait : trier les déchets, employer des produits biodégradables, acheter au commerce équitable, prendre les transports en commun, éduquer son enfant dans ce sens… mais elle était consciente que ce n’était qu’une goutte d’eau.

Elle sentait que cela ne reculerait en rien l’inéluctable. Quelque chose était en route. Elle ferma les yeux et s’endormit quelques minutes après, d’un sommeil agité.

*****

Dans sa chambre, le garçon ne dormait pas. Il avait fait semblant lorsque sa mère était venue le voir. Mais il n’avait pas l’intention de dormir : Trop de choses s’agitaient dans sa tête. Lui aussi était allé consulter Internet pour trouver des réponses à ses questions. Il en avait eu tellement, depuis le cercle !

Les prophéties, il n’avait d’abord pas trop su s’il fallait y croire, ou pas. D’un côté tout cela semblait tellement vrai, il y avait tant de témoignages ! Et de l’autre ce n’était pas possible !  Le monde marchait ainsi depuis si longtemps, pourquoi s’arrêterait-il soudainement ? On voyait bien que personne n’était inquiet : son père lui-même faisait des projets pour les années à venir, parlait de vendre dans dix ans, de prendre une retraite anticipée ! Et à l’école on leur parlait de leur avenir sans que personne ne semble insinuer que cet avenir était compromis.

Mais le cercle était venu dans leur champ ! Il sentait bien que lui et sa famille étaient concernés, désignés. Cela tournait sans arrêt dans sa tête et il en avait finalement parlé à son meilleur ami qui ne s’était pas moqué de lui, comme il le craignait, mais au contraire l’avait regardé gravement et s’était mis à parler tout bas :

« Je sais tout ça depuis un moment, et d’autres choses encore plus graves… mais je ne peux pas en parler, je n’ai pas le droit. »

Il s’était tu mais après quelques instants avait repris :

« A toi, je veux bien le dire mais tu dois me jurer que tu ne répèteras ça à personne ! »

Il avait promis et depuis, était le dépositaire de biens terribles secrets.

Les parents de son ami faisaient partie d’une sorte de confrérie, un peu comme une société secrète. Ils suivaient un « maître » qui leur disait comment vivre et leur parlait de la fin des temps. Comme tout le village, ce gourou avait vu le cercle ; mais lui savait, bien sûr, interpréter le message : Il évoquait le chaos, l’Armageddon.  Le maître disait que c’était imminent et que tout le monde souffrirait, à cause de ceux qui se comportent mal. Il y aurait des millions de morts dont les âmes iraient toutes en enfer, car l’humanité est coupable d’avoir détruit la Terre. Seuls ceux qui le suivraient seraient épargnés. Le cercle lui avait dit comment échapper au désastre, comment atteindre le paradis. Il y emmènerait ses fidèles !

Le garçon avait été très effrayé. Il avait envié son ami pour ses certitudes et aussi parce qu’il était entouré de gens qui avaient compris la vérité, des adultes qui savaient quoi faire !

Aujourd’hui, son ami lui avait révélé que « la porte du paradis s’ouvrirait cette nuit » le maître et ses fidèles se réuniraient à minuit au cœur de la forêt.

Il était rentré chez lui ce soir-là, le cœur lourd et les lèvres scellées. Il ne voulait rien dire, car il savait qu’on ne l’écouterait pas. Le père était toujours occupé, il n’avait rien compris au cercle, il s’en fichait ! La mère, elle ne s’en fichait pas, elle avait lu des livres, mais elle ne faisait rien, ne lui en parlait même pas ! Il se sentait seul, avait un gros poids sur les épaules. Ce savoir, c’était lui qui l’avait, lui qui avait également été désigné par le cercle ; il s’était senti interpellé par une force supérieure, quelque chose de puissant. Il y était retourné dans la nuit et avait regardé le ciel, espérant trouver des réponses. Maintenant, il avait les réponses, il savait ce qu’il devait faire. Il allait lui-même sauver sa famille, lui épargner le chaos. Résolu, il se leva et referma derrière lui la porte de sa chambre.

Deux jours plus tard, extraits du journal « la Presse » :

DEUX DRAMES DANS NOTRE REGION :

Un adolescent abat toute sa famille

Un garçon âgé de 14 ans a abattu son père et sa mère avec le fusil militaire de son père, avant de retourner l’arme contre lui. Ce drame s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi dans un village de notre région. L’adolescent était, d’après les témoignages des voisins, un jeune sans problème, qui n’a jamais laissé soupçonner un comportement violent auparavant. Il suivait une scolarité normale et personne dans son entourage scolaire, ne peut comprendre ce qui a pu le pousser à commettre cet horrible crime.

Sectes : nouveau suicide collectif

Dix-sept personnes ont été retrouvées mortes dans la forêt, non loin du même village, mercredi matin un peu avant huit heures. C’est un promeneur qui a fait la funeste découverte. La police s’est rendue rapidement sur les lieux et a révélé, que selon les premières constatations, il s’agissait d’un suicide collectif, par empoisonnement. Les villageois, très ébranlés, parlent d’une secte qui se donnait pour nom : « Les élus du cercle ».

Parmi les victimes, on dénombre de nombreux habitants de la région, dont un camarade de classe du garçon parricide ainsi qu’une propriétaire agricole ayant fait récemment parler d’elle au sujet d’un « crop circle » sur sa propriété (voir notre édition du 31 juillet).

Les deux drames se sont déroulés au cours de la même nuit. Les villageois, cruellement éprouvés, parlent déjà de malédiction : Ils évoquent un autre « crop circle » qui avait été découvert ici même il y a un an, sur les terres de la famille assassinée. La police se refuse à tout commentaire.

Un an plus tard, à la maison de retraite « mon repos », les pensionnaires réunis dans la salle de séjour observaient, à travers la baie vitrée, la tempête qui se déchaînait au dehors. Le ciel s’était obscurci d’un coup et le vent s’était mis à souffler tellement fort que les infirmières avaient dû se précipiter un peu partout pour fermer les fenêtres qui claquaient.  Soudain, la grêle se mit à tomber ; on voyait rebondir sur les dalles de la terrasse, des billes de la taille de balles de ping-pong ! Cela faisait un bruit d’enfer ; la télé était allumée dans un coin et on n’entendait à peine la voix du commentateur qui était en train de parler de « désastre climatique ». Il conseillait aux gens de rester chez eux et de fermer fenêtres et volets. A ce moment-là, un éclair déchira le ciel dans un fracas du tonnerre ; deux secondes plus tard, un arbre était en feu au fond du parc.  Les pensionnaires s’accrochaient aux infirmières qui tentaient de rassurer tout le monde. Certaines cependant, n’en menaient pas large non plus. Cet orage était particulièrement effrayant.

Seul un vieux souriait dans son fauteuil. Il regardait ce déchaînement mais semblait calme et détaché. Il murmurait doucement des paroles incompréhensibles, seules ses lèvres bougeaient.

Une jeune stagiaire tenta de s’approcher pour s’occuper de lui, mais une infirmière l’arrêta : -« ne fais pas attention, il radote. Il a perdu toute sa famille d’un coup, juste avant de venir ici et depuis quelques temps, à chaque orage, il est comme ça. »

Son regard fut attiré par un nouvel éclair, qui semblait encore plus proche.  Puis elle se retourna vers sa jeune collègue et ajouta dans un murmure : « les élus du cercle vont revenir chercher ceux qui ont manqué le premier voyage, veux-tu en être ? »

– « il dit que c’est la fin du monde et on dirait que c’est ce qu’il attend ».

texte écrit par Delphine Messadi-Degiez et publié sur ce site uniquement.

À propos de l’Auteure

Delphine croit en l’amitié et aux valeurs sincères, elle adore la Nature, les animaux et les sorcières, se passionne pour l’Histoire et toutes les bonnes histoires. 

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