le Soleil

Mai 21, 2022 | Mes lectures

Notre astre de lumière nous honore de sa présence d’une façon presque exagérée en ce mois de mai, alors voici comment Charles Baudelaire décrivait, magnifiquement, ses émotions, lors d’étés sans doute moins précoces.

Belle semaine à vous mes chères lectrices et mes chers lecteurs !

Le soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures

Les persiennes, abri des secrètes luxures,

Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés

Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,

Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,

Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,

Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,

Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,

Eveille dans les champs les vers comme les roses ;

Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel,

Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.

C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles

Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,

Et commande aux moissons de croître et de mûrir

Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,

Il ennoblit le sort des choses les plus viles,

Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,

Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

À propos de l’Auteure

Delphine croit en l’amitié et aux valeurs sincères, elle adore la Nature, les animaux et les sorcières, se passionne pour l’Histoire et toutes les bonnes histoires. 

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